Dans cet article
- Ansible Tower a été renommé Red Hat Ansible Automation Platform depuis 2020
- La version commerciale démarre autour de 5 000 à 14 000 $ par an selon le nombre de nœuds gérés
- AWX, la version open-source gratuite, offre 80 % des fonctionnalités de Tower sans support officiel
- L’interface web centralise inventaires, playbooks, credentials et logs en un seul tableau de bord
- Tower se distingue de Jenkins par son approche déclarative orientée infrastructure plutôt que CI/CD
- Aucun remplaçant direct n’est annoncé : Red Hat mise sur l’Automation Platform comme évolution naturelle
Sommaire
- Présentation d’Ansible Tower et son évolution
- Fonctionnalités clés de Tower Ansible
- Ansible Tower pricing : grille tarifaire détaillée
- AWX : l’alternative open-source gratuite
- Ansible Tower vs AWX : le comparatif complet
- Ansible vs Jenkins : deux philosophies différentes
- Installation et configuration pas à pas
- Créer des workflow templates dans Tower
- Les alternatives sur le marché en 2026
Présentation d’Ansible Tower et son évolution
Quand j’ai commencé à former mes étudiants en BTS SIO à l’automatisation IT, Ansible Tower était la référence incontournable pour piloter des playbooks Ansible à grande échelle. Cette interface graphique, développée par Red Hat, transforme la ligne de commande Ansible en un véritable centre de contrôle visuel. En tant que formatrice, je constate que c’est souvent le premier outil que les administrateurs système découvrent lorsqu’ils veulent industrialiser leurs déploiements.
Depuis 2020, Red Hat a officiellement renommé Ansible Tower en Red Hat Ansible Automation Platform. Ce changement de nom reflète une évolution majeure : on ne parle plus d’un simple outil de supervision, mais d’une plateforme complète intégrant le moteur d’exécution, le hub de contenus, l’analytique et la gestion des événements. Si vous cherchez « Ansible Tower » aujourd’hui, sachez que le produit commercial actuel s’appelle désormais Red Hat Ansible Automation Platform.
Cette transition n’est pas qu’un simple rebranding. La nouvelle plateforme embarque Automation Controller (le successeur direct de Tower), Automation Hub pour la gestion des collections, et Event-Driven Ansible pour l’automatisation réactive. Je recommande à mes étudiants de se familiariser directement avec ces termes pour rester à jour sur le marché de l’emploi, notamment ceux qui visent un poste de DevOps Engineer.

Fonctionnalités clés de Tower Ansible
Tower Ansible apporte une couche d’orchestration que la ligne de commande seule ne peut pas offrir en environnement professionnel. Voici les fonctionnalités que j’utilise quotidiennement en production et que je considère indispensables.
Le tableau de bord centralisé offre une vue temps réel de tous les jobs en cours, des succès et des échecs. En un coup d’œil, je sais si mes déploiements se sont bien passés, sans devoir fouiller dans des logs dispersés sur plusieurs serveurs. Cette visibilité est cruciale quand on gère des dizaines de machines.
Le contrôle d’accès basé sur les rôles (RBAC) permet de définir précisément qui peut exécuter quoi. Dans une équipe de dix personnes, je peux autoriser un junior à lancer des playbooks de monitoring sans lui donner accès aux templates de déploiement en production. C’est un point de sécurité que je considère non négociable, surtout quand on manipule des données sensibles protégées via Ansible Vault.
La planification des jobs (scheduling) permet de programmer des exécutions récurrentes. Mises à jour de sécurité tous les mardis à 3h du matin, audit de conformité chaque premier lundi du mois : tout se configure depuis l’interface sans toucher à crontab. Les notifications intégrées envoient des alertes par email, Slack ou webhook à chaque fin d’exécution.
L’API RESTful ouvre Tower à tous les outils tiers. Je l’utilise pour intégrer mes déploiements dans des pipelines CI/CD existants, déclencher des playbooks depuis des scripts Python ou connecter Tower à des outils de ticketing. Cette API rend chaque fonctionnalité de l’interface accessible par programmation.
Enfin, la gestion centralisée des inventaires supporte les inventaires statiques et dynamiques. Tower peut se synchroniser avec AWS, Azure, GCP, VMware ou tout autre provider cloud pour maintenir automatiquement la liste des machines à gérer. Combiné au module template, cela permet de générer des configurations adaptées à chaque environnement.
Ansible Tower pricing : grille tarifaire détaillée
La question du prix revient systématiquement dans mes formations. Red Hat propose un modèle de licence par abonnement annuel, basé sur le nombre de nœuds gérés. Voici la grille que je présente à mes étudiants pour qu’ils comprennent le coût réel d’un déploiement en entreprise.
| Formule | Nœuds inclus | Prix annuel estimé | Support | Cas d’usage |
|---|---|---|---|---|
| Standard | Jusqu’à 100 | 5 000 à 8 000 $ | Heures ouvrées | PME, équipes réduites |
| Premium | Jusqu’à 100 | 10 000 à 14 000 $ | 24/7 | Production critique |
| Enterprise (sur mesure) | Illimité | Sur devis | 24/7 + TAM dédié | Grandes organisations |
| AWX (open-source) | Illimité | Gratuit | Communauté uniquement | Labs, petites équipes |
Ces tarifs sont indicatifs et varient selon les négociations commerciales avec Red Hat. En pratique, je constate que le coût par nœud diminue significativement au-delà de 500 machines. Pour les structures qui débutent, la question « Ansible Tower free » revient souvent : la version commerciale n’est jamais gratuite, mais AWX offre une alternative open-source viable que je détaille plus bas.
Un point que j’insiste pour souligner : le prix inclut le support technique Red Hat, les mises à jour de sécurité certifiées et la compatibilité garantie avec l’écosystème RHEL. Pour une entreprise qui gère des serveurs en production, ce support justifie souvent l’investissement, surtout quand on le compare au coût horaire d’un incident non résolu.
AWX : l’alternative open-source gratuite
AWX est le projet upstream open-source d’Ansible Tower. Concrètement, c’est le code source à partir duquel Red Hat construit sa version commerciale. Hébergé sur GitHub sous le dépôt ansible/awx, il offre une interface web complète pour gérer les playbooks, inventaires et credentials Ansible.
En pratique, AWX fournit la majorité des fonctionnalités de Tower : tableau de bord, RBAC, API REST, gestion des inventaires dynamiques, notifications et scheduling. Ce qui manque par rapport à la version commerciale, c’est principalement le support officiel Red Hat, les certifications de sécurité entreprise, et la stabilité garantie des versions LTS.
J’utilise AWX dans mes environnements de formation et pour mes projets personnels. L’installation se fait désormais via un opérateur Kubernetes (AWX Operator), ce qui simplifie le déploiement mais nécessite un cluster K8s fonctionnel. Pour ceux qui préparent une formation Kubernetes, c’est d’ailleurs un excellent projet pratique pour consolider ses compétences.
Le cycle de release d’AWX est rapide : de nouvelles versions sortent toutes les quelques semaines. C’est à la fois un avantage (accès aux dernières fonctionnalités) et un inconvénient (pas de support long terme sur une version donnée). En production, cette cadence peut poser des problèmes de stabilité si l’on ne gère pas rigoureusement les mises à jour.

Ansible Tower vs AWX : le comparatif complet
La question « Ansible Tower vs AWX » est probablement celle que je reçois le plus en formation. La réponse dépend de votre contexte : taille de l’équipe, criticité des systèmes gérés et budget disponible.
| Critère | AWX (open-source) | Ansible Tower / Automation Platform |
|---|---|---|
| Coût | Gratuit | À partir de 5 000 $/an |
| Support | Communauté GitHub | Red Hat 24/7 |
| Cycle de release | Toutes les 2-3 semaines | Versions LTS stables |
| Certifications sécurité | Non | FIPS, SOC 2, etc. |
| Installation | Kubernetes obligatoire | RPM ou conteneurs |
| RBAC | Oui | Oui (enrichi) |
| API REST | Oui | Oui |
| Clustering haute dispo | Oui (manuel) | Oui (supporté) |
| Automation Hub intégré | Non | Oui |
| Event-Driven Ansible | Non | Oui |
Mon conseil pratique : si vous êtes une petite équipe ou en phase d’apprentissage, AWX suffit largement. En revanche, dès que vous gérez plus de 200 nœuds en production avec des exigences de conformité, l’investissement dans la plateforme commerciale se justifie par la tranquillité du support et des versions stables.
Pour les étudiants en BTS SIO, je recommande systématiquement de commencer par AWX. C’est gratuit, la courbe d’apprentissage est identique, et les compétences acquises sont directement transférables vers l’Automation Platform en entreprise. Cela s’intègre parfaitement dans un portfolio BTS SIO SISR pour démontrer sa maîtrise de l’automatisation.
Ansible vs Jenkins : deux philosophies différentes
Cette confusion revient régulièrement chez mes étudiants, et je comprends pourquoi : les deux outils touchent à l’automatisation. Mais ils répondent à des besoins fondamentalement différents.
Ansible (et par extension Tower) est un outil de gestion de configuration et d’orchestration d’infrastructure. Il décrit l’état souhaité de vos serveurs de manière déclarative : « ce paquet doit être installé », « ce service doit tourner », « ce fichier de configuration doit contenir ces valeurs ». Ansible s’assure que la réalité correspond à cette description. Les playbooks utilisent la syntaxe YAML et s’exécutent via SSH, sans agent à installer sur les machines cibles.
Jenkins est un serveur d’intégration et de déploiement continu (CI/CD). Il orchestre des pipelines de build : compiler le code, exécuter les tests, packager l’application, la déployer. Jenkins excelle dans le séquencement d’étapes logicielles et la gestion de triggers (commit Git, pull request, timer).
En réalité, ces outils sont complémentaires. Dans mes projets, Jenkins déclenche le pipeline CI/CD, et Ansible gère le déploiement sur l’infrastructure. Tower fournit alors l’interface de suivi et le RBAC pour les exécutions Ansible appelées depuis Jenkins. C’est une architecture que je recommande à toute équipe qui structure sa chaîne DevOps.
Installation et configuration pas à pas
L’installation d’Ansible Tower (ou plus précisément d’AWX pour un environnement de test) nécessite quelques prérequis. Voici la démarche que je suis en formation, testée et validée sur des dizaines de déploiements.
Prérequis système :
- Un cluster Kubernetes fonctionnel (Minikube suffit pour les tests)
- 4 Go de RAM minimum dédiés à AWX
- kubectl et Helm installés
- Un namespace Kubernetes dédié
Pour installer AWX via l’opérateur Kubernetes, la procédure se résume en trois étapes principales. D’abord, déployez l’AWX Operator dans votre cluster. Ensuite, créez une ressource custom AWX qui décrit votre instance. Enfin, attendez que l’opérateur provisionne automatiquement les pods, la base de données PostgreSQL et le service web.
Pour la version commerciale, Red Hat fournit un installeur RPM qui simplifie considérablement le processus sur RHEL ou CentOS. L’installation se fait via setup.sh après avoir configuré le fichier inventory avec les paramètres de votre environnement. La documentation officielle d’Ansible Automation Controller détaille chaque option disponible.
Un point important pour la sécurité : dès l’installation terminée, je configure systématiquement le chiffrement des credentials avec Ansible Vault et je m’assure que les communications sont en HTTPS. Pour approfondir la gestion sécurisée des secrets, consultez mon guide sur Ansible Vault. La CNIL recommande le chiffrement des données sensibles, et les credentials d’infrastructure en font clairement partie.
Pour faciliter la distribution de fichiers de configuration sur vos machines gérées, le module Ansible Copy est un allié indispensable que Tower exécute nativement dans vos playbooks.

Créer des workflow templates dans Tower
Les workflow templates sont l’une des fonctionnalités les plus puissantes de Tower. Elles permettent d’enchaîner plusieurs job templates avec une logique conditionnelle : si le job A réussit, lancer B ; s’il échoue, lancer C. C’est exactement ce dont on a besoin pour orchestrer des déploiements complexes.
Pour créer un workflow template, rendez-vous dans l’onglet Templates de l’interface Tower, puis cliquez sur « Add » et sélectionnez « Workflow Template ». L’éditeur visuel permet de construire le graphe d’exécution par glisser-déposer. Chaque nœud du workflow peut être un job template, un sync d’inventaire, un sync de projet ou une approbation manuelle.
Voici un exemple de workflow que j’utilise en production :
- Sync inventaire depuis AWS (rafraîchir la liste des instances EC2)
- Tests de prérequis (vérifier la connectivité SSH, l’espace disque)
- Si succès : déploiement applicatif via le playbook principal
- Si échec du déploiement : rollback automatique vers la version précédente
- Dans tous les cas : notification Slack avec le résultat
Les workflows supportent aussi la convergence : plusieurs branches parallèles peuvent se rejoindre en un point unique avant de continuer. Par exemple, déployer simultanément le frontend et le backend, puis lancer les tests d’intégration uniquement quand les deux sont terminés.
Pour les équipes qui gèrent des environnements multiples (dev, staging, prod), les workflows permettent de promouvoir un déploiement d’un environnement à l’autre avec des gates d’approbation manuelles entre chaque étape. C’est un niveau de contrôle que la ligne de commande seule ne peut pas offrir aussi élégamment.
Les alternatives sur le marché en 2026
La question « what will replace Ansible » revient souvent dans les discussions. En réalité, Ansible n’est pas en voie de disparition : il continue d’évoluer activement sous l’égide de Red Hat. Cependant, le paysage de l’automatisation s’est enrichi et il est utile de connaître les alternatives.
Terraform (HashiCorp) excelle dans le provisionnement d’infrastructure cloud. Là où Ansible gère la configuration des serveurs existants, Terraform crée et détruit les ressources cloud elles-mêmes. Les deux outils sont complémentaires : Terraform provisionne l’infrastructure, Ansible la configure. En entreprise, je vois souvent les deux utilisés conjointement.
Puppet et Chef sont des alternatives historiques à Ansible pour la gestion de configuration. Leur modèle agent-based les rend plus adaptés à certains scénarios de conformité continue, mais la complexité d’installation et de maintenance est supérieure. La tendance du marché favorise clairement les approches agentless comme Ansible.
SaltStack offre des performances remarquables grâce à son système de communication ZeroMQ. Pour les infrastructures de très grande taille (plusieurs milliers de nœuds), il peut surpasser Ansible en rapidité d’exécution. Red Hat l’a d’ailleurs intégré partiellement dans certains produits.
Rundeck est une alternative open-source à Tower/AWX pour l’orchestration de jobs. Il supporte Ansible nativement comme backend d’exécution tout en proposant sa propre interface de gestion des workflows et des accès.
Pour ceux qui envisagent une carrière dans l’automatisation IT, maîtriser Ansible et Tower reste un atout majeur. Le marché de l’emploi valorise fortement ces compétences, que ce soit pour un poste de DevOps Engineer ou pour évoluer après une reconversion en informatique. La compréhension des fondamentaux du réseau informatique est également un prérequis que je juge essentiel pour tirer le meilleur parti de ces outils.
À retenir
- Commencez par AWX en environnement de test avant d’investir dans la version commerciale
- Prévoyez un budget de 5 000 à 14 000 $ par an pour Tower en production selon vos besoins de support
- Configurez le RBAC et le chiffrement des credentials dès le premier jour d’utilisation
- Utilisez les workflow templates pour orchestrer vos déploiements multi-étapes avec rollback automatique
- Combinez Ansible avec Terraform pour le provisionnement et Jenkins pour la CI/CD dans une chaîne DevOps complète
Questions fréquentes
What is the new name for the Ansible Tower?
Depuis 2020, Ansible Tower a été renommé Red Hat Ansible Automation Platform. Le composant qui remplace directement Tower s’appelle désormais Automation Controller. Ce changement reflète l’évolution vers une plateforme complète intégrant la gestion des contenus (Automation Hub), l’analytique et l’automatisation événementielle (Event-Driven Ansible).
What is AWX?
AWX est le projet open-source upstream d’Ansible Tower, hébergé sur GitHub. Il fournit gratuitement une interface web pour gérer les playbooks, inventaires, credentials et jobs Ansible. AWX offre la majorité des fonctionnalités de Tower (RBAC, API REST, scheduling, notifications) mais sans le support commercial Red Hat ni les certifications de sécurité entreprise. L’installation se fait via un opérateur Kubernetes.
What is Ansible vs Jenkins?
Ansible est un outil de gestion de configuration et d’orchestration d’infrastructure qui décrit l’état souhaité des serveurs de manière déclarative. Jenkins est un serveur d’intégration et de déploiement continu (CI/CD) qui orchestre des pipelines de build et de tests. Les deux sont complémentaires : Jenkins gère le pipeline logiciel, Ansible déploie et configure l’infrastructure. Tower ajoute une couche de supervision visuelle aux exécutions Ansible.
What will replace Ansible?
Rien ne remplace Ansible à proprement parler. Red Hat continue de développer activement l’écosystème via l’Automation Platform. Les alternatives comme Terraform, Puppet, Chef ou SaltStack couvrent des cas d’usage voisins mais différents. La tendance est à la complémentarité : Terraform pour le provisionnement cloud, Ansible pour la configuration, et des outils comme Kubernetes pour l’orchestration de conteneurs.
Comment créer un workflow template dans Ansible Tower?
Dans l’interface Tower, allez dans l’onglet Templates, cliquez sur « Add » puis « Workflow Template ». L’éditeur visuel permet de construire un graphe d’exécution en glisser-déposer. Chaque nœud peut être un job template, un sync d’inventaire ou une approbation manuelle. Vous définissez les conditions de branchement (succès, échec, toujours) pour orchestrer des déploiements complexes avec rollback automatique.
Peut-on utiliser Ansible Tower gratuitement?
La version commerciale (Ansible Automation Platform) nécessite un abonnement payant. En revanche, AWX, le projet open-source upstream, est entièrement gratuit et offre environ 80 % des fonctionnalités de Tower. AWX convient parfaitement pour l’apprentissage, les labs et les petites équipes qui n’ont pas besoin du support Red Hat ni des certifications de sécurité entreprise.
Formatrice IT indépendante depuis 2016, ancienne étudiante BTS SIO SLAM. 6 ans d'expérience en entreprise.